Première annonce, catéchèse et initiation chrétienne des adolescents

22 juin 2008

Compte-Rendu de la Commission Pastorale des Jeunes du 28 avril 2008

Au cours de cette rencontre, des prêtres, des religieux et des laïcs ont échangé sur une situation de plus en plus fréquente : un adolescent demande le baptême.

Notre réflexion porte ce soir sur la première annonce de la foi, la catéchèse et l’initiation chrétienne des adolescents (collégiens et lycéens). Comment envisager notre ministère auprès de ces jeunes qui demandent le baptême ?

Pour nourrir et éclairer notre réflexion, nous lisons :

  • les paragraphes 47 et 58 du Directoire général de la catéchèse
  • les paragraphes 13 et 14 du décret conciliaire sur l’activité missionnaire de l’Eglise (Ad Gentes).

Les raisons qui conduisent les jeunes à demander le baptême ?

  • Rattrapage 1 : cela se fait d’être baptisé : les parents poussent leur enfant à demander ce qu’ils n’ont pas pu (ou su) lui donner quand il était petit parce que dépassés par les évènements.
  • Rattrapage 2 : le jeune aurait aimé que ses parents me donnent le baptême petit
  • Enracinement culturel – pour se donner une identité culturelle ou se démarquer (Islam…)
  • Vision réduite de Dieu : tout puissant et amour dont je souhaite la protection
  • Mûrissement progressif après plusieurs années d’annonce de la foi : catéchèse paroissiale !

Quelles sont les joies et les difficultés rencontrées au cours de la première annonce ?

  • Joie de constater la réceptivité de certaines jeunes : lorsqu’ils viennent de leur plein gré, leur soif est grande
  • Difficulté de faire passer le message que Jésus est Sauveur : mais de quoi ai-je besoin d’être sauvé ? au cours du catéchuménat ?
  • constat de l’absence d’une réelle catéchèse (il y a souvent de la part d’un jeune un réel manque de connaissance des notions essentielles tout autant qu’un manque de traduction dans sa façon de vivre de l’attachement au Christ). Y a t il une réelle probation de vie (scrutins) ?
  • Il faut souligner le rôle crucial du groupe au sein duquel le jeune peut être accueilli… l’individualisme des jeunes qui viennent en aumônerie ne permet pas toujours qu’une réelle amitié existe et qu’une réelle charité nourrisse les catéchumènes…

Comment sont vécues les étapes d’entrée en catéchuménat, les scrutins, la célébration du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie ?

  • Généralement, le baptême des adolescents se prépare sur 2 ans (parfois trois).
  • Plusieurs étapes sont célébrées
  • il peut y avoir un réel enracinement en paroisse : il est néanmoins limité. Les jeunes scolarisés dans les établissements catholiques sont la plupart du temps complètement déconnectés de leurs paroisses. Les renvoyer vers leurs paroisses ne porte pas toujours du fruit puisque :
    - les jeunes ne peuvent souvent y aller qu’une fois sur deux (familles éclatées)
    - ils n’y connaissent personne,

Au-delà de l’accueil en paroisse, la vraie question est celle de leur accompagnement : par qui ? avec qui ?

  • Grande difficulté (pour ne pas dire impossibilité) à s’inscrire dans le temps du Carême (plusieurs dimanches de suite) et à célébrer l’initiation à Pâques
  • présence des enfants en pointillé (et même parfois lors d’un étape…) quand bien même ils ont été convoqués (communication par oral, par écrit) : le lien avec la famille est capital pour qu’elle donne à cette démarche toute son importance (ou la respecte)
  • la place et le rôle du parrain et de la marraine sont très souvent limités et symboliques : il manque un réel accompagnement. Quel parrainage le groupe, la communauté ou la paroisse pourraient-ils proposer ?

Paradoxes

Ont été soulignées :

  • la différence de traitement entre un jeune qui reçoit (en bloc) les trois sacrements de l’initiation et un jeune (du même groupe) qui fait sa première communion… et sera confirmé plus tard
  • la différence de traitement sur la longueur du temps de préparation demandé avant le baptême selon les enfants

Quel est le rituel suivi ?

  • celui de l’initiation des enfants ou celui de l’initiation des adultes ?
  • Le rituel de l’initiation des enfants en âge scolaire dont on regrette la pauvreté
  • mais aussi - pour les plus grands - le rituel de l’initiation des adultes

Quel accompagnement pour la persévérance des néophytes ?

  • 3 jeunes sur 4 arrêtent l’aumônerie après leur baptême (ou son initiation). N’est-ce pas la conséquence directe de la pauvreté de leur préparation ? Quelle suite substantielle leur propose-t-on ?

Comment devons-nous adapter notre action apostolique pour répondre à cette situation ?

  • Faut-il mettre en place des temps forts diocésains réservés à ces jeunes catéchumènes
    Pour ce qui concerne la préparation à la confirmation, une retraite spécifique sera désormais proposée aux lycéens.